|
12 ans d'attente s'apprêtent à prendre fin. James Cameron, le réalisateur de Titanic, est enfin de retour aux commandes d'un film de (science-) fiction. Le 16 décembre 2009, le monde du Cinéma sera changé pour toujours. On vous aura prévenu.
12 ans. 12 longues années, depuis le moment où James Cameron, le réalisateur de Terminator, Aliens, Abyss, Terminator 2, True Lies et Titanic a levé ses deux bras chargés d'Oscars, déclarant être "Le Roi du Monde !" avant de disparaître dans la nuit. Il s'est arrêté de faire du cinéma, au moment ou il était au sommet de sa carrière. Pendant son absence, quelques malins ont bien tenté de s'engouffrer dans la brèche qu'il a laissé béante, et s'approprier son trône. Matrix ? Un superbe one-shot, recyclant habilement toutes les tendances underground de la fin du 20ème siècle, et beaucoup des thèmes de James Cameron, avant que les suites et Speed Racer démontrent les limites de ses auteurs. Michael Bay ? Grand fan de James Cameron devant l'éternel, il transcende parfois l'influence du père, ( The Rock, The Island), sans cependant arriver à atteindre sa vision et son humanité. La prélogie ? HaHa, Euh... Hurm. 12 ans, donc, ont passé, pendant lesquels le cinéma de blockbuster américain s'est dégradé, et l'internet s'est propagé, devenant une nouvelle forme de réalité. 12 années pendant lesquels les amateurs de cinéma, jeunes et plus vieux, se sont interrogés : quand est-ce que le barbu cinglé va revenir, pour remettre les pendules à l'heure ? Est ce qu'il ne sera pas dépassé ? Pourquoi travaille t-il depuis 3 ans sur un film, dont aucune image ne filtre ?
La semaine dernière, une partie de l'attente a pris fin, avec la mise en ligne d'un teaser trailer qui a crashé le site de Apple instantanément, (4 millions de clics enregistrés !). Le retour de bâton ne s'est pas fait attendre. Un flot torrentiel de messages de haine, dégoût et déception a envahi la toile. On hurle à La Menace Fantôme (insulte suprême classifiant un film de non-cinéma), au ridicule, au RickRoll. On prédit le naufrage artistique et financier, à la fin de James Cameron, mort donc en 1997. "Il va se vautrer", "C'est le plantage assuré", peut on lire un peu partout. "Lucas bis". Impression de déjà vu ? On se souvient que Titanic, avant sa sortie, avait suscité le même genre d'attente et de prédictions, pour au final faire un pied de nez au monde entier. La différence avec Avatar, c'est que le film se profile comme un "game changer" selon le terme américain, "un film qui va changer la donne". La donne, c'est la supposée baisse des entrées dans les salles, au profit de l'internet. C'est aussi une nouvelle manière de concevoir le cinéma grand public, à la croisée du jeu vidéo, qui est devenu une industrie supérieure à celle du cinéma. Mais c'est aussi la dégradation humaine à laquel nous sommes arrivés aujourd'hui. Quand l'homme reste planté devant son écran ordinateur à longueur de journée, perdu dans le néant du cyber-espace, tandis que dehors, la réalité n'a plus aucun rapport avec lui. Regardez autour de vous, dans la rue, dans le métro même. Tout le monde communique avec tout le monde. Mais personne ne parle plus à personne. L'homme devenant désincarné, rivé à son écran, ou son iPhone. Ce que Cameron avait prédit 25 ans auparavant dans le visionnaire Terminator... LA BANDE-ANNONCE
Avatar, donc. Un film qui arrive estampillé des hypothèses les plus folles, mais qui se voit obligé, malgré tout, de jouer le jeu du système promo actuel, qui veut que tout passe par le cyber-espace. Un trailer lâché sur la toile, décevant, c'est sûr. Jeté en pâture au service promo, il daterait, selon plusieurs sources proches de la production désirant conserver l'anonymat, de plus de 6 mois. Intitulé "Epic Trailer" par la production, ses effets spéciaux (soit la quasi intégralité du métrage !) ne seraient pas terminés. Juste un os lancé au piranhas du web, devenus dingues devant l'absence d'images, prédisant déjà la nullité du film. Interrogé par des journalistes sur le tournage de Clash of The Titans, de Louis Leterrier, la star du film Sam Worthington confie : "Ce film n'est pas conçu pour être vu sur un Mac. Il été conçu pour l'IMAX, et la 3D. C'est pour ça que Cameron l'a mis en scène. Pour que les gens retournent au cinéma. C'est intéressant, Cameron lâche un trailer, et le jour suivant, il montre (15 minutes du film) en IMAX. D'un extrême à l'autre. Nous avons donc les critiques un jour, puis le lendemain les chroniques dithyrambiques (...). L'idée est que les gens se réveillent, et se disent "D'accord ! Celui-là, je vais aller le voir en salles". James Cameron veut que les gens retournent dans les salles, et il est assez intelligent pour savoir utiliser les tactiques appropriées pour y arriver". LA PREVIEW
Tout comme certains amateurs de cinéma (pas si nombreux que ça, si l'on en croit les reports, notre séance (gratuite) ayant été aussi peu fréquentée qu'ailleurs), nous nous sommes rendus vendredi 21 août 2009, proclamé Avatar Day par la production, à Marne-La-Vallée pour visionner 15 minutes d'Avatar en IMAX 3D. Verdict ? Oubliez la bande-annonce visionnée sur votre écran PC. Avatar va être un choc séismique, une date dans l'histoire du cinéma, le maître étalon auquel tout film devra désormais se mesurer. Avatar est tout ce que la hype a prédit. Multiplié par mille ! Avatar ouvre une fenêtre sur une nouvelle dimension et nous donne l'impression de pouvoir la toucher. Nous avons la sensation que Cameron est réellement allé sur une autre planète, filmer une faune, une flore, des extra-terrestres qui nous le savons ne peuvent pas exister. Mais ils sont là, bien vivants, sous nos yeux ébahis. 12 longues années d'attente sont effacées d'un seul coup par ces 15 minutes magistrales. Nous revenons, enfin, à ce qui aurait du être le post-Titanic. Du grand spectacle, avec un fond, et un propos non conçu pour abrutir le spectateur, mais au contraire, le respecter. Les personnages, comme d'habitude chez Cameron, sont habilement dessinés, au point que l'identification est quasi immédiate. La mise en scène, la (les) profondeur(s) de champ, tiennent du jamais vu. Et surtout, des créatures en CGI sont VIVANTES. Et PHOTO-RÉALISTES. Un réalisateur français à succès était présent dans la salle ce jour-là. Après la séance, l'homme est resté plusieurs minutes figé dans son fauteuil, incapable d'articuler un mot, sous le choc. C'est que la preview d' Avatar, en plus d'être époustouflante, pose aussi la question à tout cinéaste, de savoir s'il désire continuer à rester dans le passé, et filmer en 2D, ou bien passer à la 3D. Déjà, Steven Spielberg et Peter Jackson, qui co-réalisent actuellement l'adaptation de Tintin avec le même système de caméras 3D mis au point par Cameron, sont passés à l'acte. Ridley Scott s'apprête a faire de même. Sur Youtube, depuis vendredi dernier, des centaines de spectateurs témoignent. Ils disent tous la même chose, faisant presque penser à une secte d'illuminés. Le cinéma du futur existe, et ils l'ont vu. Le premier film du 21e siècle est Avatar. CETTE FOIS, C'EST LA GUERRE
La question que vous devez vous posez, vous, en tant que spectateurs, est simple : dans quel camp êtes-vous ? Celui des trolls, persuadés de leur supériorité virtuelle sur la réalité, de la validité de leur jugement sur le simple visionnage d'une bande-annonce sur youtube ? Ou bien celui de ceux qui préfèrent le réel, l'experience vécue ? Est-ce que vous préférez continuer à rester planté devant votre écran, à mépriser le monde réel, ou bien est-ce que vous allez enfin, vous décider à SORTIR A NOUVEAU DE CHEZ VOUS ? Ouvrez les yeux. Si vous n'êtes pas sortis de chez vous, pour aller voir ses images gratuites, vous avez perdu. Si vous n'êtes pas avec nous, vous êtes contre nous. Allez voir Avatar en décembre dans les salles en IMAX 3D. Ou bien allez crever. David Fakrikian
Avatar de James Cameron, dans les salles de 16 décembre 2009.
|