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DVDvision
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« Répondre #27 le: Janvier 25, 2007, 09:16:20 » |
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J'en profite pour poster le compte rendu de ma journée avec Les Stooges en 2006, de la dynamite !
YOU'RE GONNA WAKE UP ONE MORNING...
Une semaine plutôt chargée en ce mois de mai mi froid, mi ensoleillé, qui commence le lundi 8 au Zenith, ou je me rend avec un stock de T-Shirts et badges Les Brats, le groupe dont j'assure le merchandising ayant été choisi pour faire la première partie des Stooges.
Une fois accueilli par les sympathiques responsables des ventes du merch, mon portable sonne, et je me retrouve avec le légendaire Clode Panik (le vrai) au bout du fil, qui me demande quelques indications pour l'entretien de sa page myspace. Pendant que je lui donne, de mémoire, les démarches à suivre pour trier ses "amis" et ajouter des photos, Mike Watt, légendaire (lui aussi) membre des Minutemen et actuel bassiste des Stooges passe à ma proximité ! Ca fait beaucoup de légendes pour commencer la soirée, qui ne va pas être en reste... Après avoir raccroché, je retrouve Mike Watt dans les loges, et me présente à lui. L'homme réagit au quart de tour, en me racontant qu'il programme Metal Urbain régulièrement sur son show radio, et qu'il veut à tout prix récupérer le CD de l'album des Guilty Razors... Ca fait plaisir à entendre...
Je repasse ensuite aux stands merchandising, où l'on m'informe que faute de place, les T shirts Les Brats ne pourront être exposés au mur a côté de ceux des Stooges, mais dans les vitrines sous le comptoir, donc à moitié cachés. Tant pis...
Dans la salle, Les Brats commencent leur balance, devant un Mike Watt curieux, qui après quelques minutes prend son portable et appelle quelqu'un, pour une conversation semblant avoir un rapport avec les événements en cours.
La balance terminée, et les portes ouvertes, l'organisateur nous informe qu'Iggy Pop en personne a demandé a voir les "kids" après son show ! "Quand on s'offre un rêve, il faut aller jusqu'au bout", explique t'il au groupe abasourdi. Mystérieusement, de retour au stand merchandising, les T-Shirts Les Brats sont tout à coup exposés au mur, avec les T-Shirts Stooges, à la grand stupéfaction du groupe. La soirée s'annonce plutôt bien ! Même si avec Les Brats, on sait qu'une partie du public va vouloir se les faire, pour avoir l'audace d'ouvrir pour Les Stooges.
Alors que le Zenith se rempli, une grand conversation s'engage avec l'organisateur autour du sujet, où l'on apprend que les candidats ne manquaient pas, mais que Les Brats étant les seuls à n'avoir envoyé ni CD demo, ni video, ni rien du tout, ce qui, aux yeux du management des Stooges constituait une telle audace que leur choix a été validé ! Sympa de voir qu'il y a encore des gens qui bossent à l'instinct, et pas selon les diseratas des sponsors ou des règles établies.
Au Zenith, l'heure c'est l'heure, et alors que Les Brats montent sur scène, une silhouette familière se pointe du côté de la console des retours, et regarde quelques minutes le show, avant de retourner en coulisses : c'est IGGY en personne !
Dans la salle, j'observe quelques minutes les détracteurs des Brats, en train de siffler, huer, lancer des crachats et projectiles sur Niki, le chanteur, qui est hilare devant la réaction, et en redemande entre les titres. Ca fait triste des voir ces pauvres mecs s'énerver dans la pénombre de la foule. Visiblement, "Live and let live" est une formule qu'ils ne connaissent pas. Des supporters des Brats sont aussi dans la fosse, et ca commence a chauffer rapidement entre les détracteurs et les pro Brats. Fanfaron, chanteur des Shades, s'enerve meme sur un mec qui lance des trucs sur Niki, mais l'autre se tire sans demander son reste.
Face aux quelques doigts levés, hurlements de haine etc... ("c'est pas du rock !", peut ont entendre dans le public, on avait pas entendu ca depuis les seventies, quand les vieux rockers fachos et conservateurs crachaient et cassaient du punk. Chassez la connerie, elle revient au galop...), Les Brats assurent un concert adéquat, avec leur rock brutal et bizarre, mélange de Johnny Cash et Stooges. Un peu désespéré par l'attitude du public dans la fosse, je repasse en coulisses pour la fin du set. Niki jette sa guitare (qui désormais aux concerts suivants va tenir uniquement avec du scotch), et Les Brats sortent de scène, le sourire aux lèvres. Ils l'ont fait. Ils sont passés dans l'arène. Quand un boxeur monte sur le ring, il s'attend à prendre des coups. L'important est de s'en sortir vivant et la tête haute, et de ce coté là, Les Brats ont gagné. A un point tel, qu'on a l'impression que la terre, pendant leur set, s'est immobilisée. Un cap a été franchi ce soir là dans l'histoire de la nouvelle scène : désormais, il n'y a plus de juste milieu : ils ont eu l'audace, ces "petits cons", d'ouvrir pour Les Stooges. Soit vous êtes avec eux... soit contre eux.
You're gonna wake up one morning and know what side of the bed you've been lying on...
Je repasse en salle, puisqu'il faut dégager les coulisses avant que Les Stooges montent sur scène, ou je retrouve le Géant Vert en pleine discussion amicale avec Schultz ! Décidement, les astres sont au beau fixe ce soir... Les Stooges se pointent et livrent un set dément, remonté à bloc, bien meilleur qu'il y a deux ans au meme endroit. Le son est comme d'habitude pourri, et des gens se plaignent, mais il faut comprendre une chose : leur sonorisateur est américain (ce qui n'est pas une tare), mais il y a un limiter dans la salle, comme partout en france, qui détruit le son dès qu'il pousse un peu fort, en compressant. Au lieu de se plaindre aux organisateurs, remerciez donc les ecolos qui ont fait voté cette loi débile, qui bouzille l'intérêt des trois quart des concerts rock en france.
On se plaint aussi de la lumière, mais là, il faut s'y faire : c'est Iggy en personne qui a demandé du "calme" sur la scène et pas des explosions de couleurs... Iggy se jette dans le public a plusieurs reprises, au grand dam de la sécurité. J'arrive à repasser derrière pour la fin du concert, un "Electric Chair" semblant avoir été retravaillé, et quand Les Stooges passent devant moi après le morceau final, Mike Watt m'adresse un "Hey David !" de reconnaissance avec un grand sourire, et j'hallucine qu'il se souvienne de moi et encore plus de mon prénom, surtout après une prestation pareille.
Plus tard, pendant qu'Iggy reprend ses forces dans sa loge gardée par un colosse, l'atmosphère se détend, et une équipe TV filme une interview de Mike Watt et Ron Asheton, enfermés dans un cagibi. Après 20 mn, j'estime qu'ils doivent avoir assez de matière, que Mike Watt et Asheton ont sans doute envie de descendre quelques bières pour se détendre, que j'irais bien avec eux. Je retourne donc dans le cagibi, ou diplomatiquement, je suggère a l'interviewer qu'il est temps de boucler. Derrière moi, un inconnu s'introduit dans la pièce qui commence à être encombrée, et suggère la même chose, mais en anglais. C'est le road manager, qui plutôt que de me jeter (pour me mêler de ce qui me regarde pas) me remercie, et me passe une bière ! Jamais vu un accueil aussi cool...
Plus bas, la terre tremble : Iggy sort de sa loge, et s'asseoit. Immédiatement, tout un tas de personnes fond sur lui. Iggy demande, comme prévu, a voir les kids. Filmé par les caméras TV, il les prend dans ses bras, et commence, accompagné de Ron Asheton, une conversation animée avec Niki et Makcim. "Just keep doin' your own thing, don't pay attention do people who don't like it" dit Ron Asheton au petits stupéfaits. J'ai l'impression qu'en sifflant Les Brats, le public a en fait contribué a rendre le groupe encore plus sympathique aux yeux des Stooges. Merci les gars !
Pendant ce temps, Youri, le batteur, traine dans les loges des Brats, trop timide pour oser aller parler à l'Ig. Vu qu'à ce stade, j'ai descendu plusieurs bières, je le pousse jusqu'à Iggy, fendant la foule, et le présente. Même accueil, et je les laisse en pleine conversation, retournant discuter avec les autres invités présents. Tout à coup, une frénésie d'appareils photos flashent et crépitent à tout va : Iggy pose avec Les Brats, pris sous tous les angles.
Un Philippe Manoeuvre hilare (et toujours présent dans les loges, on peut aussi bien le croiser aux 54 Nude Honeys qu'aux Stooges), fait des photos avec Les Stooges, puit se prend aussi en photo avec Les Brats. Y'a pas a débattre, chez ce mec, l'amour du rock est non feint, il est comme un grand enfant. Ca fait plutôt plaisir après les vieux aigris qui sifflaient Les Brats deux heures plus tôt...
Les roadies des Brats, Pony et Somz, sont eux remontés à bloc, et vont rejoindre les frères Asheton et Mike Watt, qui se reposent dans une autre pièce, pour une demi-heure de discussion animée sur la musique. Je me joint à eux, et la soirée prend une tournure encore plus surréaliste. Nous sommes en train de parler à Mike Watt et aux frères Asheton, des putains de légende vivantes du rock'n'roll américain, des mecs sans qui notre vie n'aurait été que la moitié de ce qu'elle a été !!!!
Puis arrive, trop vite, le moment de partir. -"Merci les gars, vous revenez nous voir en normandie ?" demande Ron Asheton. A ce stade, Pony qui ne tient plus sur place fait des triples sauts périlleux arrières... Nous rentrons enfin en camion sous la pluie, remontés à bloc.
Décidement, quelque chose de spécial est arrivé ce soir... mais il semble bien, quand on lit les réactions sur internet, que personne, même parmi les quelques présents en coulisses, semble nous croire... sauf que nous avons non seulement les photos, mais aussi un reportage TV pour prouver tout ça.
Et que 4 jours plus tard, Niki m'apprend que Iggy a accepté qu''un communiqué, envoyé à la presse anglaise, comporte une citation ou il dit que Les Brats sont ses enfants !
Je savais bien, qu'ils étaient les enfants de quelqu'un. Forcément.
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